mercredi 18 mai 2016

Totoro. Faire du beau avec du moche ( quand un carton tout claqué se refait une beauté ).

Ceux et celles qui me suivent ici mais surtout sur Instagram savent que nous essayons depuis quelques années de modifier en profondeur notre mode de vie. 

Nous essayons de limiter au maximum notre recours à des produits neufs et privilégions les produits de seconde main, nous favorisons la récupération, la valorisation des déchets tant que nous pouvons et nous privilégions toujours la réparation d'un objet cassé quand c'est possible plutôt que le remplacement par un objet neuf.

Si nous avons encore beaucoup de progrès à faire, ce que nous considérons comme une chance et un défi très stimulant, notamment en matière d'alimentation, nous avons quand même réussi à créer un cercle vertueux dans lequel la récupération et le recyclage tiennent une place privilégiée.

 Nous avons aussi à coeur d'apprendre à notre fille à être autonome, critique envers le consumérisme au sens sociologique du terme et à devenir un individu capable d'enchanter sa vie sans passer par la case centre commercial. 

Si ces règles de vie peuvent apparaître contraignantes, il n'en est rien. Il n'y a que de bonnes habitudes à prendre, ce qui représente une sacrée stimulation intellectuelle. Adopter ce mode de vie nous a poussé dans nos retranchements et nous a obligé à apprendre beaucoup de choses pour recouvrer l'autonomie dont la société ultra-technologisée nous dépouille de plus en plus.


Ce Totoro rassemble toutes nos préoccupations : la récupération, le recyclage, la transformation et la valorisation. Et puis il reflète l'amour que notre fille voue à ce personnage depuis qu'un de nos amis lui a rapporté un noren Totoro de son voyage au Japon il y a des années, la passion de l'illustration en général, celle pour les illustrations de Miyasaki en particulier, et l'envie d'enchanter notre quotidien et embellir notre maison de façon singulière et unique. Comme un rempart aux difficultés et aux tracas.






























Il y a d'abord la branche, récupérée dans un sac de déchets verts près de chez moi à laquelle j'ai rajouté des fleurs de cerisiers. Pour les réaliser, je me suis aidée du super tuto d'Adeline Klam la reine du papier. Merci à elle de bien vouloir partager avec nous son savoir faire. J'ai utilisé pour cela des feuilles de papier que nous avons récupérées aux encombrants par ramettes entières. Nous essayons de privilégier systématiquement l'utilisation de ce que nous avons à disposition à la maison. De cette façon, nous obligeons notre imagination et celle de notre fille à fonctionner à plein régime. Les ramettes de papier providentielles nous ont ouvert bien des perspectives ces derniers temps, vous pouvez en voir d'autres exemples ici et .

Le totoro lui est confectionné à partir d'un carton que ma fille avait il y a un bon moment transformé en voiture et sur lequel elle avait gribouillé des roues. Le carton étant entièrement caché, il n'y a aucun bénéfice à ce qu'il soit dans un état irréprochable. C'est tout l'intérêt de cette technique. Récup' on a dit !

Une fois les contour tracés et le carton découpé, j'ai redessiné plus finement avec plus de détails Totoro sur du carton d'emballage plus fin. Ces emballages me rendent dingues et les recycler de cette manière est ma vengeance. Comme vous avez pu le remarquer sur les photos, Totoro est en volume, j'ai donc découpé toutes les parties de son corps destinées à être superposées pour obtenir ce volume. 

Après avoir collé les parties découpées dans les emballages fins sur le carton épais, j'ai peint toutes les parties à la gouache. Le côté non glacé des emballages en carton fin se peint très facilement à la gouache. Avantage de la gouache, c'est économique et sèche très vite.

Une fois la peinture sèche, j'ai assemblé les différentes parties en ménageant là où c'était nécessaire un espace pour créer le volume et permettre à Totoro de donner réellement l'impression d'être assis sur une branche. 

J'ai adoré réaliser ce Totoro. J'y ai pris un plaisir dingue, tellement que j'ai déjà commencé à travailler sur d'autres réalisations avec cette même technique mais avec des illustrations personnelles. Les possibilités sont infinies, autant qu'une page blanche. 

Je garde un souvenir vivace de l'émotion que j'avais en ouvrant des livres animés quand j'étais enfant. J'ai retrouvé cette émotion en fabriquant Totoro. J'ai eu l'impression de fabriquer un pop-up de mur :-)

Je voudrais remercier particulièrement tous ceux et celles qui ont réservé un accueil très chaleureux à ce Totoro hier sur Instagram. Vous m'avez fait un bien fou ! Je prends le temps de répondre à vos questions cette après-midi. 

Pour ceux et celles qui sont intéressés par une réalisation personnalisée, vous pouvez me contacter via la fiche de contact du blog ou en me rejoignant sur mon compte Instagram


Merci

mardi 22 mars 2016

DIY de printemps avec des oiseaux en perles Hama en vrai plastique et une branche en vrai bois dedans.

Aujourd'hui, j'avais prévu de partager avec vous un DIY printanier. Et puis j'ai été coiffée au poteau par des semeurs de terreur, j'ai donc remballé mon DIY léger et frivole anachronique.

Seulement demain c'est mercredi et un petit DIY ne sera peut-être pas de trop pour occuper nos pauvres têtes tristes et les mains de nos loulous peut-être un peu anxieux eux aussi. Alors je vous le montre quand même. 

 J'avais envie d'un DIY sur le thème du printemps et ai fait ces deux oiseaux amoureux. Je trouvais qu'ils avaient l'air un peu cruche avec leurs petites papattes dans le vide, j'ai donc décidé qu'il leur fallait une branche. Mais pas n'importe quelle branche ! Au lieu d'en faire une en perles, j'ai récupéré une vraie branche fraîchement élaguée. C'est plus drôle. 
Pour les citadins cernés par le bitume, c'est la saison de l'élagage, vous devriez en trouver facilement. Pour les autres, c'est peut-être l'occasion d'une belle balade en forêt pour trouver la branche parfaite.


Pour faire ce DIY, vous aurez besoin de :

- deux plaques carrées pour perles Hama Midi disposées dans la hauteur
- plusieurs couleurs de votre choix pour les deux oiseaux. Moi j'ai utilisé en tout 7 couleurs différentes. Du jaune très clair pour les deux oiseaux. Un bleu gris pour la tête et le corps d'un oiseau, du corail pour l'autre oiseau, du noir pour les yeux, du rose poudré pour les joues, du gris pour les pattes de l'oiseau corail et du marron très clair pour les pattes de l'autre oiseau.
- une branche 
- quelques clous pour fixer la branche
- 1 marteau

Pour conserver strictement les proportions des oiseaux, il suffit de reproduire ce que vous voyez sur les photos 2 et 3. Pour l'accrochage, j'ai utilisé des clous de petite taille. Il n'est pas nécessaire de clouer la branche. Pour la mienne, j'ai planté deux clous sur lesquels je l'ai posée et un troisième entre deux petits rameaux qui suffisent à la bloquer.

Mon DIY a eu un succès fou et j'ai déjà une commande pour un DIY d'hiver. J'espère qu'il plaira chez vous aussi.

Je vous souhaite un chouette mercredi avec vos loulous. Hauts les coeurs et n'oubliez pas les câlins !























jeudi 14 janvier 2016

Du recyclage sur les murs.

Quand l'activité manuelle recyclage de rouleau de papier toilette en voiture de course pour occuper Pauline pendant sa varicelle ( à la maison on dit papier wawa, subsistance d'une enfance certes lointaine mais entretenue avec constance, c'est plus mystérieux et il est bon d'entretenir le mystère parfois, mais vous faites comme vous voulez ) se transforme en illustration pour faire des affiches uniques dans la maison de poupée en chantier, qui elles mêmes se transformeront, pourquoi pas, en vraies grandes affiches à accrocher à de vrais murs ; c'est vouloir étirer un maximum le principe de recyclage et inverser le cours des choses. Quand ce qui est destiné à la poubelle se transforme en objet décoratif, qui lui-même se re-transforme pour s'afficher sur les murs, je dois avouer que c'est un exercice jubilatoire qui démontre à quel point il est possible de valoriser les déchets.











Recyclage by Pauline.

Le recyclage est une mission dont elle se sent investie au moins autant que nous. Elle y participe avec enthousiasme. Et puis parfois, elle fait plus que recycler ; elle poétise. Les feuilles de clémentines deviennent bloc-note végétal et elle me dit malicieuse : " j'ai déjà coché la première case ; c'était, faire un bloc-note avec des feuilles. " Et elle part en riant continuer à réenchanter le quotidien.




lundi 11 janvier 2016

Accommoder les restes de tissu.

A la maison, on essaie de recycler de plus en plus. Papier, carton, meubles, et tissu aussi bien entendu, tout est bon pour ne pas jeter et essayer de montrer à Pauline que les possibilités de recyclage sont multiples et qu'accommoder les restes relève parfois de la magie. Le projet de maison de poupée s'inscrit notamment dans cette démarche. J'ai pu dans cette maison, grâce parfois à de toutes petites chutes de tissu, confectionner entièrement le linge et les coussins.

En attendant de vous montrer le résultat final de ce projet, je vous propose d'autres exemples de recyclage de tissu qui vous donneront peut-être des idées.























1.2.3. Je ne supportais plus de jeter chaque jour des cotons à démaquiller. Avec des petites chutes de tissu mises de côté systématiquement tout au long d'années de couture, j'ai pu confectionner des carrés démaquillants lavables. Sur une face, des petits carrés de coton de pleins de motifs différents, et sur l'autre du jersey blanc tout doux qui trainait depuis des années dans le placard. Fini les cotons démaquillants à peine utilisés aussitôt jetés !

4.5. Un maillot de bain pour la poupée avec des restes d'un tissu ayant servi à faire un coussin.

6.7.8.9.10 A partir d'une couverture de bébé de Pauline déchirée, j'ai pu faire, avec une face, un pyjama en velours tout doux et avec l'autre face, une turbulette. Pauline avait adoré que sa couverture de bébé déchirée ne soit pas jetée et soit réutilisée pour ses poupées.


Remerciements:

Mannequin pyjama et turbulette, ma poupée Bella de quand j'étais petite devenue la poupée de Pauline.
Mannequin maillot de bain, une belle inconnue trouvée sur le trottoir sans marque. Je penche pour une Bella. Si quelqu'un l'identifie, je suis preneuse de l'information. Merci d'avance !



Je vous souhaite une belle soirée, peut-être à écouter le grand David B...

mercredi 6 janvier 2016

Ce blog n'est pas un blog. Bonne année quand même !

Je suis une piètre blogueuse. On est le 6 janvier et je n'ai même pas pris la peine de poster mes voeux. C'est qu'en fait, je n'ai pas encore fait ma carte de voeux. Enfin si, je l'ai bien dessinée, même que je l'avais dessinée avant Noël pour une fois, mais je ne l'ai pas encore mise en couleurs. Du coup, je me suis trouvé des excuses les premiers jours, en me disant que ça allait encore, mais hier j'ai culpabilisé toute la journée et aujourd'hui je me suis sentie comme une sous machin de n'être pas foutue de m'organiser suffisamment pour pouvoir poster, en temps et en heure, une carte de voeux par an. Donc là je poste lamentablement pour me faire pardonner mon inconstance. Et tout ça sans carte de voeux s'il vous plait ! 

Alors sans carte de voeux pour l'instant, mais avec un petit hérisson ( vous comprendrez plus tard ), je vous souhaite une année toute douce les loulous.




mercredi 23 décembre 2015

La trêve.

Bon ben on y est. Noël est enfin là. Et puis aussi presque le bout de cette année tellement pourrie que j'ai des suées rien qu'à penser que la suivante pourrait bien lui ressembler ou bien même être pire. 

Mais aujourd'hui, rien ne compte que la joie de ma fille ce soir en ouvrant ses paquets, le bruits des pas et des rires des enfants dans la chambre du dessus où ils jouent à se déguiser chaque Noël, la joie d'être réunis quelques heures, de penser tous ensemble à ceux qui sont partis cette année et à ceux qui n'ont pas pu venir. Rien ne compte que l'oubli quelques heures de ceux qui n'ont pas voulu venir, des emmerdes, des chagrins trop nombreux cette année, des chaos qui s'annoncent. Demain se chargera de nous les rappeler. Ou plutôt non, s'il vous plait, après-demain seulement.

Je vous laisse en compagnie d'une photo d'Alfred Eisenstaedt que je trouve irrésistible et qui a mis de la joie dans mon insomnie, et de ma fille, avec le voile que lui a gentiment confectionné ma copine du blog By little ones et qu'elle ne manquera pas de mettre ce soir.

Je vous souhaite plein de douceurs. Ce soir et toujours.










samedi 12 décembre 2015

COP21. What else ?

A l'heure où je vous écris, un accord contraignant a été trouvé ce matin à la COP21. Un accord contraignant, ça veut dire que juridiquement les états seront contraints de respecter cet accord visant à limiter la production de CO2 afin de limiter le réchauffement de la planète. C'est bien la moindre des choses.

La COP21, je l'attendais avec impatience. Pas le grand barnum politique avec cortège de voitures et présidents en costume dedans mais ce qui en marge devait avoir lieu : les marches, les rassemblements, les rencontres, les débats, la visibilité du combat, petit ou grand, de ceux qui se bougent un peu, beaucoup, passionnément et prennent en main leur destin. Et puis vint l'état d'urgence... En fait non. Ça avait déjà commencé avant l'état d'urgence. Les contrôles aux frontières pour empêcher des militants écologistes étrangers de rentrer sur le territoire. Je m'en souviens bien parce que l'après-midi du 13 novembre, je me suis énervée toute seule en entendant un journaliste parler de ces contrôles et je me suis dit que c'était complètement con parce que la vraie menace était déjà à l'intérieur. Il faut croire que la sécurité des présidents en costume pèse plus lourd que la sécurité des pas présidents puisque les contrôles aux frontières, s'ils ont bien empêché les militants écologistes de rentrer sur le territoire français, en ont laissé passer d'autres qui le soir même assassinaient dans les rues de Paris. Donc l'après-midi j'étais en colère et le soir j'ai chialé ma race d'avoir eu raison l'après-midi.

Ce soir, je chiale encore ma race. Vraiment. Parce que la COP21 a accouché d'une souris. Un texte évasif sans objectif chiffré des émissions de gaz à effet de serre et sans date butoir. Un souriceau qu'on essaie de nous vendre pour un éléphant. La grosse arnaque. Ce soir je chiale en vrai parce que je suis découragée. Tellement découragée que mon corps fout le camp. Et que je pleure à ne plus pouvoir m'arrêter. 

Je comprends que notre mode de vie " décroissant ", quelles que soient les raisons qui nous y ont amenés, n'aille pas de soi pour une majorité de gens. C'est un long chemin avant de faire ce choix de vie radical ( pas encore assez radical d'ailleurs à mon goût ), mais je supporte de moins en moins l'immobilisme ambiant, celui de nos gouvernants se cachant derrière une COP21 écran de fumée à celui d'une grande majorité des citoyens accrochés coûte que coûte à un mode de vie ultra consumériste qui les appauvrissent et qui nous mène tous droit dans le mur. 

La COP21 est un leurre parce qu'elle ne rompt pas avec notre modèle économique énergivore basé uniquement sur la croissance, sur le toujours plus. Pire, c'est un mensonge qui exonère les citoyens du moindre effort et de la moindre réflexion critique sur leurs modes de vie, et le message qu'elle fait passer en laissant ces citoyens à la porte de ce salon pour VRP de luxe est désastreux. 

Ce soir, je suis submergée par le découragement et le désespoir parce que je pense que le combat est perdu.






jeudi 3 décembre 2015

Des noeuds, encore des noeuds, toujours des noeuds.

Les travaux de la maison de poupée faite maison avancent toujours et sont l'occasion pour Pauline de découvrir plein de techniques qu'elle aura, j'espère un jour, envie de reproduire. Je me suis lancée dans la confection d'un tapis à point noué. J'ai redécouvert, en rangeant ces derniers jours, un filet dont je me sers habituellement pour les mosaïques et qui ressemble aux trames utilisées pour la confection des tapis. La tentation était trop grande. Je ne vous cache pas qu'il faut être motivé et qu'il m'a fallu quelques heures pour en venir à bout mais la satisfaction à la fin a été très intense et Pauline a adoré voir ce tapis apparaître un petit peu plus à chaque réveil comme par magie. La construction de cette maison est l'occasion de moment privilégiés avec Pauline qui ne me font pas regretter un seul instant le temps et le travail qu'elle demande. 

 Alors ? Il vous plait mon tapis lapin ? 

Je vous souhaite une belle soirée les p'tits loups !







vendredi 27 novembre 2015

Après.

Cela me semble impossible de reprendre la parole ici après le 13 novembre. Je n'ai pas envie d'en parler. De rajouter à la cacophonie alimentée par les boucles d'infos et les réseaux sociaux. J'ai lu tellement de sottises, de réactions haineuses, de cette émotion aussi qui a tout envahi, légitimement, mais qui a étouffé la pensée. Penser. Il faut penser cette violence. Il faut la penser pour la comprendre et pour mieux lutter contre elle. Ceux qui prétendent que comprendre c'est excuser n'ont eux-mêmes rien compris. A quel moment la pensée est-elle devenue pour une partie d'entre nous une excuse au pire ? A quel moment dans nos sociétés modernes, la pensée est-elle devenu un ennemi de l'homme au point que beaucoup la rejette violemment ? 

Je lis ici ou là qu'il y aura un après. Que rien ne sera plus comme avant le 13 novembre. Sans pensée cet après sera un chaos. Pour nous, il n'y aura pas d'après. Nous avions pris conscience depuis longtemps de ce qui nous attendait, avant même les drames de janvier dernier. Nous allons donc plus que jamais continuer à interroger notre mode de vie consumériste vide de toute pensée. Nous allons continuer à apprendre à notre fille à être autonome. A apprendre à se débrouiller par elle-même. A faire pousser des légumes, à reconnaître les arbres et les plantes. A tricoter, coudre, cuisiner. A réparer ses jouets plutôt que les jeter. A être plus heureuse de fabriquer elle-même un objet que d'aller l'acheter dans un centre commercial. 
Nous allons continuer à lui apprendre à penser.


Aujourd'hui, c'est un drapeau de papier qu'elle a fabriqué.